Défendre la République laïque !

Défendre la République laïque !

Défendre la République laïque !

Le 14 janvier 1850, devant la Chambre des députés, Victor Hugo déclare : « l’Etat chez lui, l’église chez elle » , rappelant ainsi que la séparation des Églises et de l’État est la condition irréfragable de la liberté absolue de conscience, la clé de voute de la laïcité, principe constitutionnel de la République française.

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Par ses deux premiers articles, la loi du 9 décembre 1905 « concernant la séparation des Eglises et de l’Etat » fonde, structure et détermine cette organisation laïque..

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Elle pose notamment, dans son Article deux, : « La République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte ».

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En participant à la Conférence nationale des Évêques de France, le 9 avril dernier, et en y déclarant vouloir « réparer le lien entre l’Église et l’État », le Président de la République s’est explicitement exonéré de notre loi commune.

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L’affranchissement du respect de la loi de Séparation de 1905 et de la Constitution de la Vème République fait le lit du retour du cléricalisme, c’est-à-dire de l’implication du religieux dans le politique.

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En agissant ainsi, le Président de la République réintroduit, de fait, les Églises dans le champ politique en contradiction avec l’esprit comme la lettre de l’idée laïque de la République, gage de tolérance et de respect de la liberté absolue de conscience.

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Ce faisant, le recul de la laïcité républicaine française, née d’un processus émancipateur exemplaire qui la distingue des autres formes de sécularisation, traduirait une vision passéiste et rétrograde de la société, contraire à la philosophie des Lumières.

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Je tiens solennellement à souligner  le risque que s’installe, au plus haut niveau de l’État, un retour aux anciennes pratiques du cléricalisme et, avec elles, la remise en cause de l’égalité républicaine et l’émergence de communautarismes brisant le pacte républicain national.

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L’égalité des droits de tous les citoyens quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs croyances est, à mes yeux, un principe fondamental de la « République indivisible, laïque, démocratique et sociale » (article premier de la Constitution du 4 octobre 1958).

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Dans la période de mutations profondes et d’inquiétudes légitimes pour beaucoup d’entre nous, je considère que toute brèche dans la loi de séparation des Églises et de l’État participe à la déconstruction de l’édifice laïque républicain, d’autant plus quand elle se produit au plus haut niveau de l’État.

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Face aux nouveaux dangers auxquels doit faire face notre pays, la laïcité républicaine demeure, plus que jamais, le ciment de notre société. Elle en est aussi le rempart contre les totalitarismes et les obscurantismes.

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Mesurant la portée de cette grave entorse au principe républicain de laïcité, j’attends du Président de la République – et je mènerai en ce sens tous les combats nécessaires – qu’il revienne sans ambigüité sur cette réintroduction inacceptable du cléricalisme dans la République, et de faire sienne la phrase de Victor Hugo, « L’État chez lui, l’Église chez elle ».

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Yves Urieta

Président de Convergence Républicaine

Ancien Maire de Pau

Membre honoraire du Conseil économique, social et environnemental

 

Yves Urieta

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