Tirer les enseignements des élections européennes

Tirer les enseignements des élections européennes

Emmanuel Macron a perdu son pari. Porté par la plus forte participation enregistrée depuis 25 ans, le Rassemblement national est, en effet, arrivé en tête des élections européennes, dimanche soir, à près de 24 %, devant LREM, à 22 %.

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Le regain de la participation donne une plus grande ampleur politique à la victoire du RN. Elle montre qu’il a une capacité à mobiliser et peut-être même à élargir son audience par rapport au premier tour de la présidentielle, au moins en pourcentage des voix. Europe Écologie Les Verts fait également mieux que prévu, en France et en Europe.

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A l’évidence, perdre une élection n’est jamais un signe de force. C’est le premier scrutin que LREM perd depuis sa création, après la présidentielle et les législatives. La portée de la défaite est même renforcée par la très forte implication du Président de la République dans la sortie de la crise des « gilets jaunes » avec le grand débat national et dans la campagne des européennes ensuite. Mais, compte tenu de l’écart relativement faible avec le RN, il s’efforce de minorer la portée politique de cette défaite et tente d’expliquer qu’il faut continuer dans la ligne qu’il a tracée.

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Le mouvement des « gilets jaunes » semble sur le déclin si l’on en juge par la participation aux manifestations des samedis mais certains d’entre eux se retrouvent sans soute avec le rassemblement national. Ces élections ne peuvent pas être déconnectées de la crise que nous avons vécue depuis huit mois. Emmanuel Macron n’en a donc pas fini avec la crise de la justice sociale. Le résultat de dimanche ne lui permet pas de tourner la page et de repartir de l’avant en mettant en œuvre les annonces.

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Le rassemblement national et En marche représentent près de 50 % des suffrages exprimés. Les autres forces politiques sont atomisées. Les recompositions à l’intérieur de la gauche et de la droite vont continuer : des questions de leadership vont se poser sans doute à Jean-Luc Mélenchon et à Laurent Wauquiez ; la pression va notamment être considérable à l’intérieur de la famille de ce dernier avec ceux qui veulent se rapprocher de la droite populiste ;  du côté des socialistes, c’est très relatif car le PS était encore au pouvoir il y a deux ans et,  s’ils sont à égalité ou devant LFI, Olivier Faure et Raphaël Glucksmann tirent plutôt bien leur épingle du jeu ; cela pose la question du rassemblement des forces progressistes pour faire gagner la gauche.

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Yves URIETA

Président de Convergence Républicaine

Ancien maire de Pau

Membre honoraire du Conseil économique, social et environnemental

 

 

 

Yves Urieta

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